Comment l’internet change notre façon de faire notre deuil ?

Les gens ne meurent plus de la même façon qu’avant. Autrefois, un parent, un ami, un partenaire décédait, et avec le temps, il ne restait plus que des souvenirs et une collection de photographies. Aujourd’hui, les morts sont à jamais présents en ligne et les rencontres numériques avec une personne décédée deviennent une expérience de deuil numérique.

Qu’est ce que le deuil numérique?

Chacun d’entre nous a une empreinte numérique, c’est-à-dire l’accumulation de notre activité en ligne qui fait la chronique d’une vie vécue en ligne à travers des blogs, des photos, des jeux, des sites web, des réseaux, des histoires et des expériences partagées.

Lorsqu’une personne meurt, son « moi virtuel » reste visible et accessible aux autres. Ces « moi virtuels » existent dans les mêmes espaces en ligne que ceux que beaucoup de gens utilisent chaque jour. Il s’agit d’un phénomène nouveau, appelé « deuil numérique« .

Les personnes autrefois décédées n’étaient pas présentes sur Internet

Pourtant, pour certains, ces espaces virtuels, comme Internet et les réseaux sociaux sont devenus un outil précieux, en particulier pour les personnes faire le deuil numérique. Un nouveau corps de recherche étudie actuellement les façons dont l’internet, y compris les médias sociaux et les sites de commémoration, permettent de nouvelles façons de faire son deuil – qui transcendent les notions traditionnelles de « laisser aller » et de « passer à autre chose ».

Deuil numérique et mémorial

Se tourner vers les médias sociaux pour obtenir de l’aide en cas de deuil et de perte d’un être cher aide les personnes endeuillées et les autres à donner un sens à la mort en en parlant. Cela permet de rendre l’expérience beaucoup moins isolante. Cela permet de créer une « communauté de personnes en deuil ».

Pour de nombreux endeuillés, le facteur de motivation le plus important semble être la nécessité de rester en contact avec le défunt et de le « garder en vie ». Et maintenir une page Facebook en maintenant activement le profil « in life » du défunt, ou en créant un nouveau profil « in memorial », permet aux utilisateurs d’envoyer des messages privés ou publics au défunt et d’exprimer publiquement leur chagrin.

L’utilisation des médias sociaux de cette manière permet de répondre à la question de savoir où placer ses sentiments – tels que l’amour, le chagrin, la culpabilité – après un décès. Et beaucoup de gens se tournent vers les mêmes sites pour promouvoir la sensibilisation et la collecte de fonds pour diverses organisations caritatives en mémoire de leurs proches.

La vie virtuelle

En ce sens, garder le défunt en vie sur Facebook est une façon de travailler contre la perte. Il illustre la manière dont les sites de réseautage social remplacent les objets de deuil traditionnels – tels que les bijoux, les vêtements ou les pierres tombales – qui sont imprégnés d’une résonance émotionnelle particulière et qui prennent ensuite une signification supplémentaire après le décès.
Contrairement aux objets sentimentaux, les pages de médias sociaux et les espaces en ligne permettent aux gens d’explorer le deuil avec d’autres personnes dans le confort de leur propre maison. Parler aux gens en ligne peut également aider à libérer certaines des inhibitions qui sont autrement ressenties lorsqu’on parle de la perte – cela permet des formes d’expression non censurées qui ne sont pas comparables aux conversations en face à face.
Ainsi, bien que le lien physique avec un être cher ait disparu, une présence virtuelle demeure et évolue après la mort. Ainsi, les sites de commémoration en ligne et les espaces de réseautage social aident les personnes endeuillées à voir comment les événements du passé peuvent continuer à avoir une valeur et une signification dans le présent et l’avenir.

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